Nature

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Les milieux naturels

La Grande Cariçaie se compose d'une succession de milieux d'une grande richesse écologique

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La Grande Cariçaie

une histoire remontant au Néolithique

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A la découverte des champignons

La réserve naturelle de la Grande Cariçaie comprend un ensemble exceptionnel de milieux variés et préservés où les champignons trouvent les habitats indispensables à leur développement. Quelques excursions mycologiques effectuées à partir de 1980 ont confirmé la richesse de ces milieux. Le cortège fongique de la cariçaie est plutôt discret : beaucoup de champignons sont de petite taille, certains ne dépassent guère quelques millimètres.

Pour mieux connaître cette biodiversité exceptionnelle, une équipe de spécialistes passionnés ont décidé d’inventorier de manière plus systématique la flore fongique de la Grande Cariçaie. Cet ambitieux programme s’est mis en place de la manière suivante :

A partir de 1980 déjà, Jean-Marie Carrard, François Ayer et François Freléchoux avaient prospecté différents milieux allant de Cheyres à Cudrefin. D’autres mycologues, les Dr. Béatrice Senn-Irlet, Heinz Wolsche et Gérard Frossard, avaient aussi prospecté occasionnellement ces sites.

En 2007, François Ayer, collaborateur scientifique (mycologie) à l’Institut fédéral de recherches WSL avait pris l’initiative, une année avant sa retraite, de contacter le Groupe de gestion de la Grande Cariçaie (aujourd’hui le Bureau exécutif de l’Association de la Grande Cariçaie) afin de mieux intégrer les champignons aux inventaires réalisés.

Depuis juin 2008, l’étude porte sur les réserves naturelles comprises entre Cheyres (FR) et Cudrefin (VD).

Déroulement des prospections mycologiques

La fréquence des prospections mycologiques est fonction des conditions météorologiques ; elle peut atteindre un rythme hebdomadaire si les conditions sont favorables. Les récoltes sont localisées au moyen d’un GPS, l’habitat est décrit et les champignons sont photographiés dans leur habitat ou au moment de l’étude pour les petites espèces.

Une excursion sur le terrain dure une demi-journée. Elle est suivie par un travail de détermination qui peut durer deux à trois jours selon le matériel récolté. Chaque récolte fait l’objet de descriptions, de dessins, de microphotographies et de notes. Toutes les données recueillies sur les espèces étudiées sont consignées dans une base de données afin d’en assurer la conservation pour le futur.

Les champignons sont finalement séchés et conservés dans les herbiers personnels pour être déposés en temps voulu au Conservatoire du Jardin botanique de Genève (Dr. Philippe Clerc, conservateur).

La liste des macromycètes récoltés à la Grande Cariçaie est transmise périodiquement au Dr. Béatrice Senn-Irlet, responsable de la Cartographie nationale des champignons de Suisse avec toutes les informations sur la localisation, l’écologie et le statut « Liste rouge ». Ces données sont publiées en partie sur le site swissfungi.ch.

Résultats provisoires

De 2008 à 2011, 353 macromycètes ont été inventoriés dont certains très rares ou très spécifiques des milieux de la Grande Cariçaie.

  • Réserve de Cheyres : 241 espèces
  • Réserve des Grèves d’Ostende : 93 espèces
  • Réserve des Grèves de la Motte : 19 espèces

Basidiomycètes

Sommairement, la classe des Basidiomycètes est caractérisée par le développement des basidiospores ; celles-ci murissent à l’extérieur de la baside qui les a produites, au sommet de petits apicules appelés stérigmates.

Les fructifications des différentes espèces sont très variées ; on rencontre aussi bien des fructifications de taille microscopique que de grandes fructifications de structure compliquée.

Les Basidiomycètes sont eux-mêmes divisés en Hétérobasidiomycètes dont la baside est cloisonnée ou divisée et les Homobasidiomycètes qui constituent un ensemble homogène par la structure de la baside (eu-baside). C’est à ce groupe qu’appartiennent les gros champignons à chapeau qui constituent la parure multicolore de nos sous-bois.
Note sur cette classification sommaire :

Il est impossible dans le contexte de cette page internet de présenter une classification idoine, les intéressés voudront bien se reporter à l’abondante littérature existante.

Fiche info sur les basidiomycètes

Fiche info | Les Boletales

Fiche info | Les Boletales

<em>Leccinum scabrum</em>

Leccinum scabrum

Fiche info | Les Boletales

Ce sont les bolets au sens large ; espèces charnues, caractérisées par leur surface hyméniale (partie située sous le chapeau) constituée de tubes serrés dont la partie à l’air libre forme un tapis de pores ronds ou polygonaux. Les bolétacées renferment environ une vingtaine de genres (Bolets, Xerocomus, Leccinum, etc.).

Bolet rude (Leccinum scabrum)
Le Bolet rude est typique des peuplements de bouleaux dont il est un partenaire symbiotique. L’arbre et ce champignon vivent en symbiose en échangeant de précieux nutriments par l’intermédiaire des mycorhizes et des racines. Il n’y a que peu de champignons comestibles dans la Cariçaie typique. Les champignons recherchés notamment au printemps sont plutôt localisés sur les pentes plus sèches.

Fiche info |Les Agaricales

Fiche info |Les Agaricales

<em>Pleurotus ostreatus</em>

Pleurotus ostreatus

Fiche info |Les Agaricales

On reconnaît les Agaricales à ses représentants généralement munis d’un pied surmonté d’un chapeau au dessous duquel rayonnent de fines lamelles, Cet ordre important, bien connu du grand public, représente un grand nombre d’espèces de la Grande-Cariçaie.

Les Agaricales trouvés dans les réserves

<em>Cortinarius glaucopus</em>

Cortinarius glaucopus

Le cortinaire à pied glauque vient dans la forêt riveraine lorsque quelques conifères sont présents. Les cortinaires sont nombreux dans la Grande Cariçaie

<em>Cortinarius spilomeus</em>

Cortinarius spilomeus

Ce cortinaire à bracelets rouges est très facile à reconnaître par l’ornementation de son pied. Il est localisé mais parfois abondant sur ces sites

<em>Cortinarius bulliardi</em>

Cortinarius bulliardi

Le cortinaire à pied rouge feu est un joyau du monde des cortinaires. Malgré ses couleurs vives. il reste difficile à observer sur le terrain, car il souvent caché sous la végétation des sous-bois. Un seul site est connu dans la Grande Cariçaie

Ascomycètes

De l’automne 2009 à la fin de la saison 2010, 42 macromycètes ont été inventoriés dont certains très rares ou méconnus. A cela, il faut ajouter 2 espèces provenant de la région de Cudrefin (Trouville). Depuis, d’autres espèces nouvelles pour la science ont été découvertes dans la Grande Cariçaie (voir notamment articles ci-contre).

Milieux investigués

Les réserves naturelles de la Grande Cariçaie comprennent un ensemble exceptionnel de milieux variés et préservés où les champignons trouvent les habitats indispensables à leur développement. Les excursions mycologiques effectuées à partir de 1980 ont confirmé la richesse de ces milieux.

  • La litière brute: constituée de souches, de branches, brindilles et feuilles des différents arbres feuillus de la Grande-Cariçaie comme les saules, bouleaux, peupliers, en décomposition sur le sol, elle permet le développement d’une multitude d’organismes dont les champignons.
  • Les marais: les zones marécageuses boisées régulièrement inondées sont colonisées par de nombreux Lactaires, Hébélomes et Gyrodon. A partir de la fin de l’été, on peut observer des poussées par intermittence jusqu’à la fin de l’automne.
  • Les roselière: la flore fongique des roselières est surtout constituée de petites espèces ne mesurant que quelques millimètres de diamètre. Toutes les espèces viennent sur les tiges de roseaux morts le plus souvent immergés ou affleurant la surface de l’eau.
  • Les matériaux provenant de l’entretien des milieux naturels: les travaux d’entretien visant à limiter l’extension des forêts riveraines dans les prairies marécageuses et le fauchage périodique des prairies humides apportent de la litière brute sur place ou aux différents endroits de stockage.