Travaux d'entretien

image d'illustration

Ouvrage contre l'érosion

Palissade en pieux jointifs pour lutter contre l'érosion de la Rive sud

image d'illustration

Vaches Highland

ces vaches sont utilisées localement pour lutter contre l'embuissonnement de certains secteurs de la Grande Cariçaie

image d'illustration

Elbotel

une faucheuse prototype construite pour l'entretien des marais de la Grande Cariçaie

image d'illustration
image d'illustration
image d'illustration
image d'illustration
image d'illustration
image d'illustration
image d'illustration
image d'illustration

Gestion pour la conservation

Privées d’inondations régulières par le lac suite à la 2e Correction des eaux du Jura, les prairies marécageuses de la Rive sont de plus en plus souvent à sec, avec à la clé une modification progressive de leur composition floristique et leur embuissonnement. La forêt, jadis contenue au pied de la falaise par les fluctuations du niveau du lac, gagne chaque année quelques milliers de m2 de marais. Sans intervention, ces marais se transformeraient en forêt en l’espace de quelques dizaines d’années et avec eux disparaîtraient plusieurs centaines d’espèces animales et végétales spécifiques des zones humides non boisées. Raison pour laquelle, dans un but de conservation à long terme d’un paysage marécageux de valeur internationale, la Grande Cariçaie est entretenue par l’homme depuis 1982. L’entretien des marais non boisés et des plans d’eaux intérieurs incombe à l’Association de la Grande Cariçaie, celui des forêts et des eaux aux services des cantons de FR et de VD. Un plan de gestion, portant sur la période 2012-2023, définit les différentes opérations d’entretien, les suivis scientifiques et les mesures concernant l’accueil et l’information du public.

Gestion des marais non boisés et des plans d'eau

Le plan de gestion 2012-2023 (PG 2012-2023) adopte deux stratégies de conservation différentes pour les marais non boisés et les plans d’eau de la Grande Cariçaie :

  • une conservation statique pour les habitats dont on ne connaît pas suffisamment l’écologie pour pouvoir les recréer ailleurs, ou dont on n’observe pas d’expansion naturelle dans les conditions actuelles. Cette stratégie de conservation concerne surtout les formes de marais les plus secs, aujourd’hui mis en danger par une absence d’inondation régulière par le lac. Par chance, ces types de marais supportent bien une intervention mécanisée régulière et on peut donc les entretenir très régulièrement pour conserver leur valeur écologique ;
  • une conservation dynamique pour les habitats qui montrent une capacité d’expansion dans les conditions actuelles. Il s’agit surtout des formes de marais les plus aquatiques, qui sont relativement sensibles aux mesures d’entretien. Il est donc préférable de limiter la fréquence d’interventions dans ces types de marais.

Techniques d'entretien utilisées

Les techniques utilisées pour atteindre ces objectifs de conservation sont expérimentées depuis de nombreuses années. Elles ont en général fait l’objet de suivis scientifiques pour documenter leurs effets sur les écosystèmes et les communautés animales et végétales. Pour limiter leur impact sur la faune, elles sont appliquées de septembre à février, sauf rares exceptions, et sur des surfaces réduites et non contiguës pour permettre une recolonisation des parcelles traitées par la microfaune depuis les parcelles voisines non traitées. Il s’agit notamment :

  • du fauchage, qui est pratiqué avec une faucheuse prototype sur chenilles larges ou avec un équipement agricole standard. Le choix des engins et le rythme de fauche dépendent du niveau d’inondation moyen des parcelles fauchées. La matière végétale est toujours évacuée hors du marais ;
  • du broyage mécanique, réalisé avec un broyeur sur chenilles larges qui permet de disloquer arbres et arbustes y compris leur système racinaire. Les débris végétaux sont laissés sur place ;
  • du débroussaillage manuel, réalisé par des équipes sur le terrain, mélangeant généralement professionnels et bénévoles. Les déchets de coupe sont entassés en lisière de forêt ;
  • du décapage dans les roselières atterries, pratiqué avec une pelle mécanique sur chenilles larges et un dumper de transport des matériaux. L’opération consiste à prélever la partie supérieure du sol, puis à laisser évoluer le plan d’eau ainsi obtenu jusqu’à retour à la roselière atterrie (le temps moyen de retour est estimé à 30 ans). Les matériaux de creuse sont évacués hors du marais ;
  • du creusage de plans d’eau profonds, pratiqué avec les mêmes équipements que le décapage. Il n’est pas prévu d’intervention de ce type sur la durée du PG ;
  • du pacage avec des bovidés de race Galloway, qui n’est pratiqué qu’à titre expérimental dans la réserve de Cudrefin ;
  • d’ensemencements de parcelles, expérimenté dans quelques secteurs, pour déterminer les possibilités de création d’habitats prioritaires dans des parcelles moins intéressante au plan biologique (zones agricoles riveraines par exemple) ;
  • ou enfin de la non intervention pendant la durée du plan de gestion, qui se révèle appropriée dans les secteurs évoluant peu.

Gestion assistée par le SIG

Dès que la technologie a été au point, le SIG (Système d’Information Géographique) s’est très vite imposé comme un outil incontournable pour organiser l’entretien des milieux naturels et des infrastructures. Il a vite remplacé les fonds de plans imprécis utilisés pour les travaux planifiés qui étaient complétés sur le terrain par un système de balises (grands piquets en bois peints) permettant aux machinistes de repérer les limites de parcelles d’entretien.
D’un point de vue technique, l’usage du SIG a permis de redessiner le parcellaire d’entretien et d’affecter à chaque secteur un mode et un rythme d’intervention. Sur cette base, des cartes des travaux à réaliser sont préparées, chaque année. Elles permettent de tenir compte également d’autres contraintes, comme par exemple la présence de stations archéologiques ou d’espèces particulièrement sensibles à l’entretien. Le calcul des surfaces entretenues s’est également simplifié: la faucheuse Elbotel embarque désormais un GPS qui mesure automatiquement la position du peigne de coupe toutes les 2 secondes. On peut ainsi retracer précisément les surfaces fauchées et introduire facilement ces informations dans le SIG.

Actualités