Nature

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Les milieux naturels

La Grande Cariçaie se compose d'une succession de milieux d'une grande richesse écologique

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La Grande Cariçaie

une histoire remontant au Néolithique

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Une diversité exceptionnelle

Plus de 4000 espèces, ont été à ce jour inventoriées dans les réserves naturelles. En se fondant sur les groupes bien connus à l’échelle nationale et leur représentation au sein de la Grande Cariçaie, il a été estimé qu’en réalité, elle abrite plus de 10’000 espèces soit plus du quart de la faune helvétique. Cette incroyable richesse animale s’explique par la dimension et la diversité des différents milieux naturels composant la Grande Cariçaie. Chaque année, scientifiques et naturalistes complètent les inventaires faunistiques en mettant l’accent sur les espèces à responsabilité sur plan nationa0l : une base indispensable à la gestion des milieux naturels riverains. Il est en effet nécessaire que les gestionnaires connaissent et suivent l’évolution des espèces prioritaires, en particulier celles qui pourraient s’avérer sensible à leur gestion.

Invertébrés

Les invertébrés représentent le 96% de la diversité faunistique de la Grande Cariçaie, mais seuls quelques groupes sont bien connus. Grâce à ces derniers, le rapport espèces inventoriées / faune suisse nous donne un indice du nombre d’espèces potentielles : un quart de la faune suisse au minimum vit dans la Grande Cariçaie, soit 10’000 espèces. Les deux tiers des invertébrés riverains vivent donc sous le couvert de l’anonymat.

Le degré de connaissance de chaque groupe dépend de la difficulté d’échantillonnage et d’identification. Pour la plupart des groupes, la découverte de nouvelles espèces reste essentiellement le fruit d’études particulières. Seuls quelques-uns de leurs représentants font l’objet d’un suivi attentif, du fait de leurs liens très étroits avec des milieux menacés ou de leur rareté en Suisse.

La Grande Cariçaie: un sanctuaire pour les espèces menacées

Les listes rouges des espèces menacées sont l’un des instruments qui permettent d’évaluer la valeur d’un milieu. Pour les groupes d’invertébrés qui ont fait l’objet d’un tel inventaire, 10% du total des espèces qui vivent en Suisse se retrouvent dans la Grande Cariçaie et sont considérées comme menacées. En extrapolant à l’ensemble de la faune potentielle de la rive sud du lac de Neuchâtel, c’est plusieurs milliers d’espèces menacées qui trouvent refuge dans cet écosystème unique et protégé.

Oiseaux

Le lac de Neuchâtel est reconnu comme une zone d’hivernage d’importance internationale pour les oiseaux d’eau, en particulier pour la nette rousse (Netta rufina) et les fuligules morillons et milouins (Aythya fuligula et A. ferina). De plus, la région de la Rive sud est l’une des plus riches de Suisse pour la diversité des oiseaux nicheurs : 100 espèces s’y reproduisent régulièrement, dont 50 sont rares ou menacées en Suisse. 

La Grande Cariçaie constitue  un biotope d’escale important pour les migrateurs en transit. Chaque printemps et chaque automne, des millions d’oiseaux y font halte. Jusqu’à fin 2016, parmi les quelques 390 espèces d’oiseaux homologuées en Suisse, 340 ont été vues une fois au moins dans la région, dont 216 régulièrement. La Grande Cariçaie représente le principal site de nidification en Suisse de nombreux oiseaux d’eau et palustres comme le Grèbe huppé (Podiceps cristatus), les Mouettes et Goélands (Larus sp.), la Locustelle luscinioïde (Locustella luscinioides) ou la Panure à moustaches (Panurus biarmicus). On estime que plus de 8000 couples d’oiseaux nichent dans les marais ou sur les îles construites pour eux dans les eaux littorales du lac.

Quelques chiffres

340 espèces d’oiseaux ont été observées dans les réserves naturelles de la Rive sud ou dans leur proche voisinage depuis 1900 ; 124 sont des espèces égarées ou irrégulières, signalées en nombres insignifiants. Parmi les 213 espèces observées régulièrement, on recense 64 espèces migratrices strictes, qui n’ont jamais niché dans la région. Ce sont les populations nordiques et orientales d’espèces se reproduisant également en Suisse qui constituent la masse principale des migrateurs. Chaque printemps et chaque automne, ce sont des centaines de milliers d’oiseaux qui transitent par la Rive sud et qui s’arrêtent pour quelques heures ou quelques jours sur les hauts-fonds littoraux ou dans les principaux milieux riverains. Il arrive que des migrateurs égarés s’arrêtent dans des endroits insolites ; mais en règle générale, chaque espèce fait halte dans le milieu qui lui offre la nourriture et les abris dont elle a besoin

Décompte du nombre d’espèces d’oiseaux observés sur la rive sud du lac de Neuchâtel depuis 1900*

Nombre d'espèces% du total
Espèces égarées ou irrégulières (absentes plus de 1 année sur 10)12436 %
Espèces régulières (peuvent manquer 1 année sur 10)21664 %
Espèces nicheuses totales (au moins une nidification depuis 1980)14944 %
Espèces nicheuses régulières (peuvent manquer 1 année sur 10) 10130 %
Espèces migratrices strictes n’ayant jamais niché6319 %
Total des espèces de la Rive sud340100 %

*Résultats représentés par catégories d’espèces et leur proportion par rapport au total d’espèces. Données cumulées provenant d’Antoniazza (1979) et de la plateforme ornitho.ch (export effectué le 29 mars 2017).

De nombreux oiseaux s’échappent de captivité, en particulier parmi les anatidés. Ils ne proviennent pas forcément de la région, mais finissent par s’installer, pour certains durablement, dans les réserves ou les ports riverains, qui leur offrent nourriture et abris. Aucune espèce introduite n’a toutefois fait souche jusqu’ici, à l’exception du Cygne tuberculé (Cygnus olor), présent sur le lac depuis le 19ème siècle. Certaines espèces régulièrement signalées sont assimilées aux espèces autochtones, mais les espèces manifestement échappées de captivité, faisant partie de la catégorie E de la Liste des oiseaux de Suisse, n’ont pas été prises en compte dans l’inventaire.

Fiche info | Oiseaux d'eau hivernants

Fiche info | Oiseaux d'eau hivernants

Rassemblement de canards ©Verena Keller

Rassemblement de canards ©Verena Keller

Fiche info | Oiseaux d'eau hivernants

La Rive sud du lac de Neuchâtel est un des lieux principaux pour l’hivernage des oiseaux d’eau en Suisse. Elle offre en effet des eaux peu profondes et riches en nourriture, ainsi que de vastes zones protégées, peu dérangées par les activités humaines et où les oiseaux se sentent en sécurité.

Près d’une cinquantaine d’espèces fréquentent les rives pendant la période hivernale. Le tableau ci-dessous présente ces dernières, des plus abondantes au plus rares. Les données sont constituées des maxima observés pour chaque espèce entre 1999 et 2003 (recensements internationaux de novembre et janvier).

Espèces fréquentants les rives en hiver

Nombre d'individusEspèceNom latin
Plus de 20'000 Fuligule morillonAythia fuligula
Fuligule milouinAythia ferina
Entre 10'000 et 15'000Nette rousseNetta rufina
Foulque macrouleFulica atra
Entre 5'000 et 10'000Grèbe huppéPodiceps cristatus
Entre 1'000 et 5'000Canard colvert Anas platyrhynchos
Mouette rieuseLarus ridibundus
Goéland leucophéeLarus cachinnans
Entre 100 et 1'000Héron cendréArdea cinerea
Grand cormoranPhalacrocorax carbo
Cygne tuberculéCygnus olor
Oie cendréeAnser anser
Canard chipeauAnas strepera
Sarcelle d'hiverAnas crecca
Canard siffleurAnas penelope
Garrot à oeil d'orBucephala clangula
Harle bièvreMergus merganser
Goéland cendréLarus canus
Entre 10 et 100Plongeon arctiqueGavia arctica
Grèbe à cou noirPodiceps nigricollis
Grèbe castagneuxTahybaptus ruficollis
Grande aigretteEgretta alba
Oie des moissonsAnser fabalis
Oie rieuseAnser albifrons
Canard piletAnas acuta
Canard souchetAna clypeata
Fuligule milouinanAythia marila
Macreuse bruneMelanita fusca
Harle huppéMergus serrator
Harle pietteMergus albellus
Gallinule poule d'eauGallinula chloropus
Martin-pêcheurAlcedo atthis
Moins de 10 individusPlongeon catmarinGavia stellata
Grèbe jougrisPodiceps grisigena
Grèbe esclavonPodiceps auritus
Grand butorBotaurus stellaris
Cygne chanteurCygnus cygnus
Cygne de BewickCygnus columbianus
Bernache nonnetteBranta leucopsis
Tadorne casarcaTadorna ferruginea
Tadorne de BelonTadorna Tadorna
Canard mandarinAix galericulata
Sarcelle d'étéAnas querquedula
Fuligule nyrocaAythia nyroca
Eider à duvetSomateria mollissima
Harelde boréaleClangula hyemalis
Macreuse noireMelanitta nigra
Goéland brunLarus fuscus
Mouette mélanocéphaleLarus melanocephalus
Mouette pygméeLarus minutus

Fiche info | Oiseaux nicheurs

Fiche info | Oiseaux nicheurs

Poussin de Sterne pierregarin

Poussin de Sterne pierregarin

Fiche info | Oiseaux nicheurs

Le tableau ci-dessous présente les espèces d’oiseaux nichant sur la rive sud du lac de Neuchâtel, région du Fanel comprise. Les données sont synthétisées à partir de différents inventaires et suivis réalisés entre 2000 et 2016. Le nombre de couples nicheurs est indiqué en regard de chaque espèce. Cette liste n’est pas exhaustive. Certaines espèces sont des nicheuses occasionnelles voir extrêmement rares. Etat des données: synthèse depuis 2000 à  fin 2016.

Pour les espèces nicheuses, 149 espèces se sont reproduites au moins une fois depuis 1980 dans le périmètre de la Rive sud ou de son proche arrière-pays. Depuis 2006, on pourra noter la Tadorne casarca (espèce d’origine férale), la Grande aigrette (Jeanmonod et Rapin, 2014) et la Sterne arctique (Marques et al., 2015) comme nouvelles espèces nicheuses pour la Grande Cariçaie. Cette dernière espèce n’a malheureusement pas vu de jeunes à l’envol, malgré au moins 4 tentatives.

 

FamilleEspèceNom latinNb annuel de couples nicheurs (min - max)
AnatidésCygne tuberculéCygnus olor20 - 40
Oie cendréeAnser anser0 - 10
Bernache nonnetteBranta leucopsis 0 - 1
Ouette d'EgypteAlopochen aegyptiaca0 - 1
Tadorne casarcaTadorna ferruginea 0 - 1
Canard mandarin Aix galericulata 0
Canard chipeau Anas strepera 0 - 3
Sarcelle d'hiver Anas crecca 0 - 2
Canard colvert Anas platyrhynchos 10 - 70
Sarcelle d'été Anas querquedula 0 - 1
Canard souchet Anas clypeata 0
Nette rousseNetta rufina 9 - 110
Fuligule milouin Aythya ferina 0
Fuligule morillon Aythya fuligula 0 - 3
Eider à duvet Somateria mollissima 0
Harle huppé Mergus serrator 0 - 2
Harle bièvre Mergus merganser 1 - 10
Phasianidés Caille des blés Coturnix coturnix 0 - 3
Faisan de Colchide Phasianus colchicus 0 - 3
PodicipédidésGrèbe castagneuxTachybaptus ruficollis40 - 80
Grèbe huppéPodiceps cristatus100 - 270
Grèbe à cou noirPodiceps nigricollis0 - 2
PhalacrocoracidésGrand CormoranPhalacrocoarx carbo0 - 620
ArdéidésBlongios nainIxobrychus minutus10 - 20
Bihoreau grisNycticorax nycticorax0 - 1
Butor étoilé Botaurus stellaris 0
Héron cendréArdea cinerea30 - 50
Héron pourpréArdea purpurea0 - 10
Grande Aigrette Egretta alba 0 - 1
Falconidés Faucon crécerelle Falco tinnunculus1 - 10
Faucon hobereauFalco subbuteo0 - 10
Faucon pélerinFalco peregrinus1 - 2
RallidésMarouette ponctuéePorzana porzana0 - 4
Marouette poussinPorzana parva0 - 2
Marouette de BaillonPorzana pusilla0
Râle des genêtsCrex crex0
Gallinule poule-d'eauGallinula chloropus20 - 60
Foulque macrouleFulica atra70 - 180
CharadriidésPetit gravelotCharadrius dubius0 - 3
Vanneau huppéVanellus vanellus0 - 6
ScolopacidésBécassine des marais Gallinago gallinago0 - 1
Bécasse des boisScolopax rusticola0
Courlis cendréNumenius arquata0
LaridésMouette mélanocéphaleLarus melanocephalus0 - 3
Mouette rieuseLarus ridibundus0 - 270
Goéland cendréLarus canus0 - 1
Goéland leucophéeLarus michaellis2 - 390
Goéland brunLarus fuscus0
Sterne pierregarinSterna hirundo0 - 90
Sterne arctiqueSterna paradisaea 0
ColumbidésPigeon colombinColomba oenas0 - 10
Pigeon ramierColumba palumbus11 - 100
Tourterelle turqueStreptopelia decaocto1 - 10
Tourterelle des boisStreptopelia turtur3 - 40
CuculidésCoucou gris Cuculus canorus30 -50
StrigidésHibou petit-ducOtus scops0
Chouette hulotteStrix aluco1 - 10
Hibou moyen-ducAsio otus0 - 6
CaprimulgidésEngoulevent d'EuropeCaprimulgus europaeus0
ApodidésMartinet noirApus apus1 - 10
AlcédinidésMartin-pêcheur d'EuropeAlcedo atthis2 - 20
UpupidésHuppe fasciéeUpupa epops0 - 1
PicidésTorcol fourmilierJynx torquilla0 - 3
Pic cendréPicus canus3 - 30
Pic vertPicus viridis9 - 30
Pic noirDryocopus martius0 - 10
Pic épeicheDendrocopos major101 - 1000
Pic marDendrocopos medius0 - 6
Pic épeichetteDendrocopos minor20 - 50
HirundinidésHirondelle de rivageRiparia riparia0 -5
Hirondelle rustiqueHirundo rustica1 - 10
Hirondelle de fenêtreDelichon urbica1 - 10
MotacillidésPipit des arbresAnthus trivialis0
Bergeronnette printanièreMotacilla flava0 - 1
Bergeronnette des ruisseauxMotacilla cinerea1 - 10
Bergeronnette griseMotacilla alba11 - 100
CinclidésCincle plongeurCinclus cinclus1 - 5
TroglodytidésTroglodyte mignonTroglodytes troglodytes101 - 1000
TurdidésRougegorge familierErithacus rubecula> 1000
Rossignol philomèleLuscinia megarhynchos20 - 100
Gorgebleue à miroirLucinia svecica0 - 2
Rougequeue noirPhoenicurus ochruros1 - 10
Rougequeue à front blancPhoenicurus phoenicurus0 - 1
Tarier des présSaxicola rubetra0
Tarier pâtreSaxicola torquata1 - 30
Merle noirTurdus merula> 1000
Grive litorneTurdus pilaris0 - 20
Grive musicienneTurdus philomelos101 - 1000
Grive draineTurdus viscivorus11 - 100
SylviidésBouscarle de CettiCettia cetti0
Cisticole des joncsCisticola juncidis0
Locustelle tachetéeLocustella naevia20 - 40
Lusciniole à moustachesAcrocephalus melanopognon0 - 3
Phragmite des joncsAcrocephalus palustris0
Rousserolle verderolleAcrocephalus palustris0 - 10
Rousserolle effarvatteAcrocephalus scirpaceus2000 - 2500
Rousserolle turdoïdeAcrocephalus arundinaceuse20 - 80
Hypolaïs ictérineHippolais icternia0 - 1
Hypolaïs polyglotteHippolais polyglotta0 - 1
Fauvette babillardeSylvia curruca0 - 1
Fauvette grisetteSylvia communis0 - 4
Fauvette des jardinsSylvia borin0 - 240
Fauvette à tête noireSylvia atricapilla> 1000
Pouillot siffleurPhylloscopus sibilatrix0 - 2
Pouillot vélocePhylloscopus collybita> 1000
Pouillot fitisPhylloscopus trochilus60 - 160
Roitelet huppéRegulus regulus101 - 1000
Roitelet triple-bandeauRegulus ignicapillus101 - 1000
MuscicapidésGobemouche grisMuscicapa striata101 - 1000
Gobemouche noirFicedula hypoleuca11 - 100
TimaliidésPanure à moustachesPanurus biarmicus20 - 60
AegithalidésMésange à longue queueAegithalos caudatus0 - 80
ParidésMésange nonnetteParus palustris101 - 1000
Mésange huppéeParus cristatus11 - 100
Mésange noireParus alter101 - 1000
Mésange bleueParus caeruleus> 1000
Mésange charbonnièreParus major> 1000
SittidésSittelle torchepotSitta europaea101 - 1000
CerthiidésGrimpereau des boisCerthia familiaris0 - 2
Grimpereau des jardinsCerthia barchydactyla101 - 1000
RémizidésRémiz pendulineRemiz pendulinus0 - 1
OriolidésLoriot d'EuropeOriolus oriolus70 - 90
LaniidésPie-grièche écorcheurLanius collurio 0 - 4
CorvidésGeai des chênesGarrulus glandarius101 - 1000
Pie bavardePica pica11 - 100
Choucas des toursCornus monedula0 - 10
Corneille noireCornus corone11 - 100
Grand corbeauCorvus corax1 - 5
SturnidésEtourneau sansonnetSturnus vulgaris101 - 1000
PasséridésMoineau domestiquePasser domesticus101 - 1000
Moineau friquetPasser montanus101 - 1000
FringillidésPinson des arbresFringilla coelebs> 1000
Serin ciniSerinus serinus101 - 1000
Verdier d'EuropeCarduelis chloris101 - 1000
Chardonneret élégantCarduelis carduelis101 - 1000
Tarin des aulnesCarduelis spinus0
Linotte mélodieuseCarduelis cannabina0 - 1
Grosbec casse-noyauxCoccothraustes coccothraustes11 - 100
Roselin cramoisiCarpodacus erythrinus0
EmberizidésBruant jauneEmberiza citrinella11 - 100
Bruant des roseauxEmberiza schoeniclus600 - 800
Bruant proyerEmberiza calandra 0 - 1

Observations du moment

Les observations du moment seront bientôt mises en ligne avec les données extraites du site www.ornitho.ch, la plate-forme officielle des ornithologues et observateurs/-trices d’oiseaux en Suisse (réunissant la Station ornithologique suisse, Nos Oiseaux, Ficedula et l’Ala). Elles sont mises à votre disposition en temps réel pour toutes les communes riveraines de la Grande Cariçaie.

Fiches espèces

Fiche info | La Nette rousse

Fiche info | La Nette rousse

Fiche info | La Nette rousse

Michel Antoniazza

La Nette rousse (Netta rufina), ce canard dont les mâles arborent un plumage très spectaculaire, avec leur tête brun-orangée et leur bec rouge, a une répartition très morcelée en Europe centrale et du sud-ouest.

L’espèce se porte bien, d’une manière générale au niveau européen. Ses principales menaces sont la dégradation de son habitat et la chasse. On observe un déclin des populations du bassin de la Mer Noire, notamment en Roumanie, Turquie, Hongrie et Bulgarie, où l’espèce ne niche plus. Dans le même temps, les populations d’Europe centrale sont en expansion.

En Suisse, la Nette rousse n’est une espèce régulière que depuis le début des années 1990, avec une augmentation progressive des effectifs hivernants, ainsi que des nicheurs. Cette augmentation est vraisemblablement liée à deux facteurs : d’une part, la dégradation des habitats de cette espèce sur ses sites d’origine, dont l’Espagne, et d’autre part, la prolifération des characées, une famille d’algue verte qui constitue son aliment principal. Cette algue caractéristique des eaux pauvres en substances nutritives a été favorisée en Suisse par l’amélioration de l’épuration des eaux usées et par l’interdiction des phosphates dans les lessives.

La majorité des effectifs hivernants de Nette rousse sont présents sur la rive sud du Lac de Neuchâtel, sur le Bas-lac de Constance, ainsi que sur le Lac des Quatre-Cantons. Durant le dernier recensement des oiseaux d’eau de mi-novembre 2014, près de 40’000 individus ont été comptés sur les lacs helvétiques, dont la moitié sur le seul Lac de Neuchâtel. Au vu des derniers chiffres, la population totale pour l’Europe centrale et du sud-ouest va probablement être revue à la hausse et devrait être estimée à quelques 60’000 individus. Nos lacs hébergeraient donc deux tiers de la population européenne, dont un tiers sur le seul Lac de Neuchâtel. La Suisse est ainsi devenue progressivement un réservoir hivernal majeur pour cette espèce qui converge aussi bien depuis ses sites de reproduction du centre de l’Europe (par exemple Allemagne, République tchèque) que depuis ceux de l’ouest Méditerranéen, Espagne en grande partie.

Sources bibliographiques

  • Birdlife International. (s.d.)| Species fact sheet – Red-crested Pochard|
  • European Communities. (2007) | Management plan for Red-crested Pochard (Netta rufina) 2007-2009. | Directive 79/409/EEC on the conservation of wild birds.
  • Keller, V. (2000) | Winter distribution and population change of Red-crested crested Pochard Netta rufina in southwestern and central Europe | Bird Study, 176-185.
  • Maumary, L., Vallotton, L., & Knaus, P. (2007) | Les oiseaux de Suisse|
  • Montmollin | Station ornithologique suisse et Nos Oiseaux|
  • Newton, I. (2010). The Migration Ecology of Birds. Academic Press.
  • Office fédéral de l’environnement OFEV. (2006) | Évolution de la qualité de l’eau |
  • Station ornithologique suisse. (2014) | Les oiseaux de Suisse – Nette rousse |

Fiche info | Le Goéland leucophée

Fiche info | Le Goéland leucophée

Fiche info | Le Goéland leucophée

Le Goéland leucophée est originaire de la Méditerranée. Il est considéré aujourd’hui comme une espèce distincte du Goéland argenté, nicheur sur les côtes de l’Atlantique, et du Goéland pontique qui le remplace à l’Est, le long des mers Noire et Caspienne. Ces deux dernières espèces peuvent aussi s’observer, mais en très petits nombres, sur le lac de Neuchâtel.

Autrefois peu fréquent en Suisse, le Goéland leucophée a commencé à remonter le long de la vallée du Rhône depuis une soixantaine d’années, venant en nombres croissants estiver sur les grands lacs de Suisse, en particulier le Léman. En forte augmentation sur le pourtour méditerranéen, il n’a commencé de nicher que récemment en Suisse. La première nidification a été attestée au Fanel en 1968, sur les îles artificielles, construites 4 ans auparavant. Mais jusque dans les années 1980, leur effectif est resté limité à cette réserve et très faible, inférieur à 10 couples. Puis il a augmenté rapidement dépassant pour la première fois les 100 couples en 1992, puis les 400 couples en 2000. A partir de 2002 (voir diagramme), une seconde colonie s’est développée sur les nouveaux aménagements de lutte contre l’érosion des Grèves de Cheseaux. En 2015, un nouveau maximum de 1125 couples a été recensé sur les rives du lac de Neuchâtel, soit 710 couples au Fanel, 368 sur les grèves de Cheseaux et 10 supplémentaires ailleurs sur la Rive sud. Enfin, depuis une dizaine d’années, l’espèce s’installe aussi en milieu urbain, nichant sur des toits plats, principalement en ville de Neuchâtel (25 couples) et d’Yverdon (au moins 7 couples). Aujourd’hui, le Goéland leucophée est devenu le laridé nicheur de loin le plus abondant sur le lac de Neuchâtel en période de reproduction.
Il est ainsi devenu un hôte typique de la région des lacs subjurassiens, survolant le lac et ses rives, mais également les villes et les villages riverains et les plaines alluviales, se nourrissant régulièrement dans les zones agricoles de l’arrière-pays, jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres des lacs. Ses vocalises puissantes confèrent à la région des Trois Lacs une ambiance particulière de bord de mer, embruns et odeurs d’iode en moins. . .
Ce rapide accroissement de ses populations s’est fait au détriment des espèces locales de laridés, en particulier de la Mouette rieuse et de la Sterne pierregarin, dont il occupe les îlots et les plates-formes où ces espèces nichaient, allant jusqu’à tuer les adultes sur les nids. Omnivores et chapardeurs, ils concurrencent les autres espèces, en particulier le Milan noir, qui ne s’aventure plus que rarement au-dessus du lac. Seule une quinzaine de couples de cette dernière espèce niche encore au bord du lac, contre plus de 200 dans les années 1960.
Les Goélands leucophée sont aussi de redoutables prédateurs, nourrissant volontiers leurs petits des poussins des autres espèces. On a bien essayé de freiner leur accroissement, en stérilisant une partie de leurs pontes, mais ce fut peine perdue. En effet, l’afflux chaque été de centaines de nouveaux oiseaux en provenance de la Méditerranée compensait tout déficit dans le succès de leur reproduction. On se limite aujourd’hui à réserver les derniers sites où nichent les mouettes et sternes en empêchant les goélands de s’y installer.

Evolution du nombre de couples nicheurs des Mouettes rieuses et Sternes pierregarin en corrélation avec l’expansion du Goéland leucophée.
L’effondrement des populations de Mouette rieuse et dans une moindre mesure de la Sterne pierregarin sont très spectaculaires, dès lors que le Goéland devient plus abondant au début des années 1990.

Depuis les années 1980, on a suivi attentivement l’évolution de leurs populations en baguant les poussins avant que ceux-ci ne soient en âge de voler. Ce sont ainsi plus de 9000 poussins qui ont été bagués. Grâce à ces marquages, on a pu établir que dans les premières années, lorsque leurs effectifs étaient bas, jeunes et adultes restaient sur place ou redescendaient le long du Rhône en automne, rejoignant ainsi leurs populations d’origine pour la mauvaise saison. Mais lorsqu’ils sont devenus plus nombreux, dès les années 1990, une partie des jeunes se sont mis à migrer vers le Nord, participant ainsi à l’expansion de l’espèce. Beaucoup rejoignent ainsi les lacs du Nord de la Suisse ou du Sud de l’Allemagne, mais aussi les littoraux atlantiques, jusqu’en Hollande, au Nord et à l’Ouest de la France, et plus rarement jusqu’en Angleterre au Nord et enfin la mer du Nord, jusqu’à la Baltique à l’Est. Si une minorité de ces oiseaux semble revenir nicher chez nous, une fois adultes à l’âge de 4 ans, certains semblent s’installer définitivement au Nord et contribuent ainsi à l’expansion de l’espèce.

Fiche info | La Sterne arctique

Fiche info | La Sterne arctique

Fiche info | La Sterne arctique

La Sterne arctique (Sterna paradisea) est une proche cousine de la Sterne pierregarin (Sterna hirundo), une nicheuse régulière dans la Grande Cariçaie, sur des enrochements et radeaux spécialement aménagés pour elle dans les parties lacustres des réserves naturelles. La Sterne arctique a quant à elle une répartition bien plus polaire. Elle niche en effet principalement dans le Haut Arctique, notamment dans la toundra, à côté de points d’eau.

La Sterne arctique est citée depuis longtemps comme l’oiseau ayant la plus longue migration connue dans le monde animal. Deux études menées récemment sur les populations groenlandaises, islandaises et néerlandaises, grâce à un géolocaliseur, un petit appareil permettant de déterminer la position en longitude et latitude de l’oiseau grâce à des mesures de durée du jour et d’heure au zénith, ont confirmé cette réputation. Un voyage total de 90’000 km (!) a même été mesuré sur les populations néerlandaises de l’espèce, entre les sites de reproduction aux Pays-Bas et les quartiers d’hivernage autour de l’Antarctique, en passant par l’Atlantique Nord, la Namibie, puis le sud de l’Océan Indien.

En Suisse, la Sterne arctique est une visiteuse régulière, mais rare. Depuis une vingtaine d’années, les observations sont devenues cependant plus fréquentes, avec un pic en 2013, et deux tentatives de nidification en 2014 et 2015 au Fanel / Chablais de Cudrefin.
Les sites de nidification les plus proches de l’espèce se situent aux Pays-Bas à environ 600 kilomètres. En Europe centrale, une première nidification a eu lieu au Delta du Rhin où l’espèce s’est reproduite avec une Sterne pierregarin (Sterna hirundo) entre 2011 et 2013.

Après que deux individus aient été observés durant la période de nidification 2013 dans la réserve du Chablais de Cudrefin / Fanel (probablement les mêmes individus que ceux observés en 2014 et 2015) mais sans indice de nidification, un couple a tenté, à trois reprises, de se reproduire sur le site en 2014, mais sans succès. Le couple s’est reproduit à nouveau en 2015 et a eu au moins 2 poussins, qui n’ont malheureusement pas survécu.
Ces tentatives de nidification en 2014 et 2015 sont les premières sur territoire helvétique et la première concernant un couple constitué de deux Sternes arctiques pour l’Europe centrale. Il s’agit très certainement de la reproduction la plus méridionale pour l’Europe.

Sources bibliographiques

  • Birdlife International. (s.d.) | Species fact sheet – Arctic Tern |
  • Commission de l’Avifaune Suisse. (2014)| Procès-verbal de la séance de la Commission de l’Avifaune Suisse | 05.11.2014.
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Amphibiens

16 des 20 espèces d’amphibiens de Suisse sont observées dans la Grande Cariçaie. Leur statut et leur répartition le long de la rive diffèrent beaucoup d’une espèce à l’autre et peuvent évoluer rapidement.
Chez les salamandridés par exemple, certaines espèces ne sont rencontrées qu’accidentellement comme le Triton crêté (Triturus cristatus) avec 3 observations en 10 ans, tandis que le Triton lobé (Triturus vulgaris) connaît dans la Grande Cariçaie sa population la plus importante de Suisse. Chez les anoures, la Grenouille agile (Rana dalmatina) n’a plus été signalée depuis une décennie, pendant que les effectifs de la Rainette verte (Hyla arborea) subissaient une forte baisse puis une forte progression qui font de la Grande Cariçaie l’un des meilleurs sites du pays. Parmi les 16 espèces de batraciens rencontrés dans la Grande Cariçaie, 3 ne sont pas menacées à l’échelle nationale : le Triton alpestre (Triturus alpestris), la Grenouille rousse (Rana temporaria) et la Grenouille rieuse (Rana ridibunda).

Fiches info par espèces

Fiche info | Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris)

Fiche info | Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris)

Fiche info | Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris)

Le Triton alpestre est la seule espèce avec la Grenouille rousse à n’être pas menacée en Suisse

Fiche info | Triton palmé (Lissotriton helveticus)

Fiche info | Triton palmé (Lissotriton helveticus)

Fiche info | Triton palmé (Lissotriton helveticus)

Le Triton palmé est plus rare que le lobé dans la Grande Cariçaie. Il subsiste de belles populations dans la réserve des Grèves de Cheseaux

Fiche info | Triton lobé (Lissotriton vulgaris)

Fiche info | Triton lobé (Lissotriton vulgaris)

Fiche info | Triton lobé (Lissotriton vulgaris)

Grâce à ses grandes prairies inondables, la Grande Cariçaie abrite la plus importante population de Suisse de ce triton fortement menacé à l’échelle nationale

Fiche info | Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)

Fiche info | Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)

© Jérôme Pellet / Grande Cariçaie

© Jérôme Pellet / Grande Cariçaie

Fiche info | Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)

Le crapaud sonneur, comme d’autres espèces pionnières, profite des flaques sur les chemins non entretenus ainsi que des rafraîchissements d’ornières par les machines d’entretien du marais

Fiche info | Crapaud commun (Bufo bufo)

Fiche info | Crapaud commun (Bufo bufo)

Fiche info | Crapaud commun (Bufo bufo)

En Suisse, le Crapaud commun paie un lourd tribut au trafic routier. Dans la Grande Cariçaie, la plupart d’entre eux effectuent leur va et vient entre leurs habitats de reproduction et d’hivernage sans risquer leur vie à traverser une route

Fiche info | Rainette verte (Hyla arborea)

Fiche info | Rainette verte (Hyla arborea)

Fiche info | Rainette verte (Hyla arborea)

La rive abrite une des grandes population de Rainette verte du pays. Les concerts printaniers des mâles à Cudrefin sont une des manifestations les plus spectaculaires du printemps dans la Grande Cariçaie.

Fiche info | Grenouille verte (Pelophylax sp.)

Fiche info | Grenouille verte (Pelophylax sp.)

Fiche info | Grenouille verte (Pelophylax sp.)

Les 3 espèces de Grenouilles vertes se côtoient encore sur la rive : l’espèce introduite, la Grenouille rieuse, est omniprésente dans la partie ouest. L’espèce souche autochtone, la Grenouille de Lessona réside encore dans les Grèves de la Motte et l’espèce hybride, la Grenouille verte, reste l’espèce la plus fréquemment recensée

Fiche info | Grenouille rousse (Rana temporaria)

Fiche info | Grenouille rousse (Rana temporaria)

Fiche info | Grenouille rousse (Rana temporaria)

La Grenouille rousse est l’espèce la plus précoce au printemps. Elle ne reste dans les étangs que quelques semaines, le temps de pondre puis rejoint les forêts et champs pour le reste de l’année.

Mammifères

Sur 83 espèces de mammifères présentes en Suisse, la Rive sud en compte 53 dont 19 menacées. Une majorité d’entre elles n’est connue que des spécialistes : on compte ainsi 5 espèces de musaraignes, 15 de chauve-souris et 13 de petits rongeurs. Par contre, parmi les espèces rares, deux d’entre elles sont maintenant considérées comme disparues : la Loutre (Lutra lutra), avec une dernière observation près de Cudrefin en 1991 et le Petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), en 2004, observé pour la dernière fois dans le château d’Estavaeyer-le-Lac.

Le Castor (Castor fiber) et la Souris des moissons (Micromys minutus) sont les seules espèces prioritaires répertoriées dans la Grande Cariçaie. Le Castor, en forte expansion dans la Grande Cariçaie depuis 10 ans, a fait l’objet d’un recensement récent conduit par l’association Pro Castor. Il s’est établi récemment sur les bas-cours de la Broye et de la Menthue ; de là, il paraît en passe de coloniser toute la Rive sud, où ses observations se font toujours plus régulières. Depuis 2007, les gestionnaires ont assuré eux-mêmes un monitoring de la Souris des moissons et continuent d’étudier l’espèce par l’entremise d’une collaboration avec le professeur Peter Vogel.

La répartition et l’abondance relative des différentes espèces de grands mammifères sont globalement assez bien documentées dans le périmètre des réserves. Le Chamois (Rupicapra rupicapra) est répandu dans les vallons et les côtes boisées de la partie Ouest de la Grande Cariçaie, entre Yverdon-les-Bains et Estavayer-le-Lac. Les gestionnaires ont également acquis des informations supplémentaires sur la présence d’espèces comme le Lynx (Lynx lynx) ou le Chat forestier (Felis silvestris), qui se sont reproduits dans la région depuis 2007. Ces observations occasionnelles du Lynx et du Cerf (Cervus elaphus) soulignent la continuité des habitats riverains et leurs liaisons encore fonctionnelles aux grands massifs forestiers du Jura et des Préalpes.

Le statut des chauves-souris reste encore relativement peu connu alors que les forêts alluviales de la Grande Cariçaie semblent constituer un habitat de grande importance pour cette famille. Un inventaire détaillé de toutes les espèces présentes sur la Rive sud a débuté en 2016. Prévu sur deux ans, il permettra d’accroître les connaissances des gestionnaires sur la répartition et l’abondance des espèces présentes. Quatre espèces de chauve-souris se sont rajoutées à la liste depuis 2007 : le Murin de Natterer (Myotis nattereri), le Murin de Brandt (Myotis Brandtii), la Pipistrelle pygmée (Pipistrellus pygmaeus) et la Pipistrelle de Kühl (Pipistrellus kuhlii).

Poissons

La Suisse compte 53 espèces de poissons, dont plusieurs introduites. Le lac de Neuchâtel en abrite 36, dont plusieurs menacées au plan national, comme la Bouvière (Rhodeus amarus) qui pond ses oeufs à l’intérieur des huîtres lacustres (genres Unio ou Anodonta) afin de les protéger des prédateurs.

La plupart des poissons sont liés pour le frai aux hauts-fonds littoraux, aux marais ou aux cours d’eau de la Grande Cariçaie. Ainsi la Truite lacustre (Salmo trutta lacustris) quitte les eaux profondes du lac en fin d’automne et remonte les rivières, comme son cousin le saumon, pour pondre ses oeufs sur des bancs de gravier. Le Brochet (Esox lucius) rejoint les marais à la faveur des hautes eaux de mars. Il accroche ses milliers d’oeufs à la végétation palustre ; ils écloront au printemps. La Brême (Abramis brama) et le Rotengle (Scardinius erythrophtalmus) pondent plus tard au même endroit. Lorsque les alevins naîtront, ils serviront en partie de pâture aux brochetons. La Perche (Perca fluviatilis) et le Gardon (Rutilus rutilus) fraient sur la beine, puis leurs alevins se développent dans les herbiers lacustres.

Reptiles

Les reptiles restent peu connus parce que discrets et parce que peu de naturalistes s’intéressent à ce groupe faunistique dans la Grande Cariçaie. A ce jour, 12 espèces ont été signalées sur la rive sud du lac de Neuchâtel, mais 6 d’entre elles ont été introduites sans preuve d’acclimatation.

Parmi les espèces autochtones, la discrète Coronelle lisse (Coronella austriaca) est signalée sur toute la rive. La ligne CFF entre Yverdon et Estavayer abrite les sites les plus favorables pour cette espèce affectionnant les milieux pierreux. Il en va de même pour le Lézard des murailles (Lacerta muralis). Cependant et contre toute attente, une étude récente montre que la coronelle fréquente aussi les prairies les plus sèches du marais.

Les prairies marécageuses à roseaux et les étangs constituent un habitat très favorable pour la Couleuvre à collier (Natrix natrix) et il ne fait nul doute que la Grande Cariçaie est un réservoir de population important pour cette espèce qui voit ses effectifs régresser en Suisse. C’est une bonne nageuse, capable même de plonger si elle se sent menacée. Se nourrissant surtout de batraciens, on la voit fréquemment au bord des étangs ou du lac, où sa présence parmi les baigneurs crée à tort de véritables mouvements de panique.

On signale aussi la présence sporadique de quelques individus de la tortue européenne, la Cistude (Emys orbicularis), espèce en principe disparue de Suisse. S’agit-il de tentatives de réintroduction ou d’une population autochtone non identifiée ? Il n’y a en tout cas aucune preuve de reproduction qui permettrait de confirmer que l’espèce se maintient sur la rive sud du lac de Neuchâtel. Une prospection ciblée pourra prochainement nous apporter de nouveaux éléments sur la question.

Liste des espèces autochtones

Coronelle lisse (Coronella autriaca )
Couleuvre à collier (Natrix natrix)
Lézard agile (Lacerta agilis)
Lézard des murailles (Lacerta muralis)
Lézard vivipare (Lacerta vivipara)
Orvet (Anguis fragilis)