Nature

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Les milieux naturels

La Grande Cariçaie se compose d'une succession de milieux d'une grande richesse écologique

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La Grande Cariçaie

une histoire remontant au Néolithique

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Un paysage caractéristique de grande valeur

C’est à la diversité des milieux naturels et à la beauté de ses paysages que la Grande Cariçaie doit sa reconnaissance nationale. Ses vastes étendues formant une structure paysagère très homogène, comparable sur toute la rive tant au niveau des rives, des marais, des forêts que du relief ont valu à la Grande Cariçaie son inscription en 1983 dans l’inventaire fédéral des paysages, sites et monuments d’importance nationale. En 1996, c’est la consécration de la valeur paysagère d’exception de la Rive sud qui est alors inscrite dans l’inventaire des sites marécageux d’une beauté particulière d’importance nationale. La Grande Cariçaie présente une mosaïque de paysages dont la variété s’inscrit essentiellement dans sa transversalité, d’un arrière-pays, dont l’altitude varie entre 500 et 600 mètres, aux eaux profondes du lac, dont le fond se situe à approximativement 300 mètre d’altitude. La ceinture marécageuse qu’elle abrite, aux dimensions uniques en Suisse et dont la naturalité est relativement peu altérée, donne aujourd’hui à cette rive un caractère presque atypique, alors même que les paysages marécageux dominaient encore largement les plaines de Suisse, il y a moins de 150 ans.

Une diversité de milieux

Le paysage de la Grande Cariçaie se présente comme une longue écharpe de marais, ourlée de forêts riveraines et dorminées par des pentes boisées de l’ancien rivage du lac. La beine peu profonde avec les herbiers lacustres, puis les marais et roselières, la forêt riveraine et finalement la forêt de pente, constituent la zonation caractéristique de la végétation, observable sur la plus grande partie des 40 kilomètres de la rive. Le tout constitue ainsi une grande diversité des milieux qui se marque non seulement au niveau du paysage, remarquablement naturel, mais aussi de la flore et de la faune. Le sommet des falaises boisées, dominant les grèves, constitue en général la limite naturelle du paysage, séparant les zones naturelles et l’arrière-pays à vocation agricole.

Beine lacustre

La Rive sud est remarquable par l’étendue de ses zones littorales. Les zones de profondeur inférieure à 9 m couvrent à elles-seules 51.4 km², soit 83.5% de la zone littorale du lac. Ces zones sont particulièrement bien développées d’Yverdon-les-Bains à Cudrefin (33.8 km²) et aux extrémités du lac (Haut-Lac 2.1 km², Bas-Lac 7.8 km²). Facilement traversées par la lumière, elles sont le siège d’une activité biologique intense. De vastes herbiers de plantes aquatiques couvrent la beine. Ils abritent des élodées, des charas, des myriophylles, des renoncules aquatiques et des potamots, dont plusieurs espèces rares en Suisse comme les potamots helvétique et fluet ou les naïades, la petite et la marine. Une grande diversité d’insectes végétariens et quelques espèces carnivores se développent dans ces herbiers luxuriants, dont 1 m² peut offrir jusqu’à 20 m² de surface foliaire.

Marais non boisés

Les marais apparaissent au premier regard comme une étendue monotone, d’où ne semblent émerger que des arbres isolés ou quelques bosquets. Ils comprennent cependant une grande diversité de groupements, s’ordonnant essentiellement en fonction du niveau de l’eau. Chaque fois que le niveau d’inondation moyen s’abaisse de 20 à 30 cm, une association végétale moins hygrophile apparaît : flore aquatique, roselière, prairie à grandes laiches, prairie à petites laiches et choin et enfin, ourlant la forêt riveraine, la prairie à molinie.

Les roselières occupent 170 hectares, soit un cinquième de leur surface en Suisse. Riches en nourriture, elles représentent l’habitat privilégié des oiseaux palustres. Les prairies marécageuses occupent un peu moins de 400 hectares de rives. Le groupement dominant est la prairie à laiche élevée. Plus diversifiées dans leur composition et leur structure que les roselières, les prairies marécageuses abritent une faune et une flore spécialisées de milieux pionniers ou temporairement inondés.

Forêt riveraine

Les forêts alluviales se composent de forêts mixtes, pinèdes, saulaies et aulnaies, localement converties en populicultures. Certaines formations recèlent une richesse biologique exceptionnelle. C’est notamment le cas des aulnaies noires, peuplements forestiers devenus rares en Suisse. La diversité des compositions et des structures, le relatif abandon de leur exploitation et enfin la proximité du lac confèrent aux forêts alluviales de la Rive sud une valeur élevée pour la faune.

Forêt de pente

A l’arrière de cet ensemble, une forêt de pente complète le paysage riverain vers l’amont et en assure la transition vers les zones agricoles. Cette forêt mésophile, hêtraie, chênaie ou frênaie, s’est développée sur la falaise en partie effondrée de l’ancien rivage du lac.

Plus d'informations sur les forêts

Fiche info | Les forêts de la Rive sud

Fiche info | Les forêts de la Rive sud

Forêt alluviale de la Rive sud

Forêt alluviale de la Rive sud

Fiche info | Les forêts de la Rive sud

Les forêts de la Rive sud du lac de Neuchâtel se composent de forêts de pentes et de forêts alluviales. Ces dernières sont apparues sur les grèves exondées suite à la première correction des eaux du Jura.

Que ce soient des pinèdes, des saulaies ou des aulnaies, il est possible de trouver dans les réserves de la Grande Cariçaie des ensembles forestiers rares, diversifiés dans leurs compositions et leurs structures. En Suisse, les forêts alluviales ont fortement régressé au cours des deux derniers siècles en raison du drainage des zones humides et de l’endiguement des cours d’eaux. Paradoxalement, ce sont les mêmes pratiques qui ont permis à celles de la Rive sud de voir le jour.

Les forêts de la Rive sud sont, par leur diversité d’associations végétales, par l’abandon relatif dont elles bénéficient, et par la proximité avec le marais, d’une richesse biologique exceptionnelle. Plusieurs espèces d’oiseaux telles que le Pic cendré, le Pic épeichette ou la Mésange boréale (sous-espèce dite « des saules ») y nichent. Des espèces sensibles de mammifères telles que des musaraignes ou le putois sont relativement bien représentées. Six espèces de batraciens et quatre espèces de reptiles trouvent refuge dans ces forêts. Les papillons, les insectes xylophages ou hygrophiles y sont également abondants.

Parmi les quelques forêts remarquables présentes sur la Rive sud l’on peut citer :

  • la pinède à choin et genévrier: celle-ci croît sur des sols pauvres où la molasse affleure, inondés en hiver et secs en été. Ses sous-bois fournis hébergent de nombreuses espèces d’arbustes, tandis que des orchidées croissent dans ses nombreuses clairières de choin. Les gouilles de ces dernières hébergent le Crapaud sonneur.
  • l’aulnaie noire: ce milieu présent dans la Grande Cariçaie, est un peuplement rare en Suisse qui pousse sur un sol spongieux et gorgé d’eau en permanence. Elle croît en plein marais ou sur les deltas de ruisseaux. Les lianes, moustiques et hautes herbes de cette association végétale dominée par l’Aulne noir participent à donner des ambiances tropicales lors des chaleurs estivales.

Fiche info | Les Pinèdes

Fiche info | Les Pinèdes

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Les pinèdes de la Grande Cariçaie ont une biodiversité élevée et abritent quelques espèces remarquables, comme le genévrier commun (Juniperus communis).
Le Pin sylvestre (Pinus sylvestris), qui compose les pinèdes de la Rive sud, est une plante pionnière capable de supporter des milieux pauvres et acides. C’est ainsi que les pinèdes de la Grande Cariçaie se sont développées sur les terres émergées suite à la première correction des eaux du Jura. Leur répartition sur la Rive sud du lac de Neuchâtel est mise en évidence sur la carte ci-dessous.

Les sous-bois de ces pinèdes ont permis au Genévrier commun de s’y développer. Cet arbuste aux aiguilles piquantes peut atteindre un maximum de 3 mètres.
Les pinèdes de la Rive sud sont par endroits parsemées de clairières à choin dont les gouilles abritent une faune riche.
En effet, de nombreux batraciens et reptiles y trouvent refuge tels que les Crapauds sonneurs (Bombina variegata) et communs (Bufo bufo), les Grenouilles rousses (Rana temporaria) et vertes (Pelophylax lessonae), les Tritons lobés (Lissotriton vulgaris) et alpestres (Mesotriton alpestris) ou encore la Couleuvre à collier (Natrix natrix).

Quelques espèces de ce milieu