L’ADN environnemental : un nouvel outil pour détecter les amphibiens de la Grande Cariçaie ?
17 février 2025

Les gestionnaires de l’Association de la Grande Cariçaie (AGC) suivent avec beaucoup d’intérêt le développement de nouvelles technologies dans différents domaines. Depuis quelques années, les suivis utilisant l’ADN environnemental se présentent comme un complément intéressant aux méthodes de monitoring traditionnelles.
Au cours de leur vie, tous les organismes laissent des traces d’ADN dans leur milieu, via leur fèces, urine, mucus etc. Si l’on prélève un échantillon d’eau ou de sol et qu’on l’analyse en laboratoire, il est possible d’amplifier les fragments d’ADN présents afin de les séquencer, puis de les comparer à des bases de données de référence. On en tire ainsi une liste d’espèces qui ont fréquenté le milieu échantillonné dans un intervalle de temps plus ou moins récent.
Ces méthodes, particulièrement utiles pour les espèces difficiles à détecter sur le terrain comme les tritons, ont été au cÅ“ur d’un travail de Master de l’Université de Lausanne, réalisé en 2018 dans les réserves naturelles de la Grande Cariçaie. L’un des objectifs de cette étude était de savoir si les méthodes d’ADN environnemental pouvaient être utilisées dans le cadre de marais continus tels que ceux de la rive sud du lac de Neuchâtel, et pas uniquement dans des zones humides isolées. Les données récoltées ont ensuite été utilisées pour caractériser l’habitat de reproduction des différentes espèces d’amphibiens. Les résultats soulignent l’importance d’une mosaïque de micro-habitats pour accommoder les préférences de chaque espèce. Ce travail de recherche vient d’être valorisé par une publication dans la revue « Environmental DNA ».
Bien que de nombreuses questions méthodologiques restent encore en suspens, l’ADN environnemental se révèle ainsi intéressant pour compléter la panoplie d’outils à disposition des scientifiques pour les différents suivis faunistiques.