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Évolution des populations d’amphibiens des Grèves de Cheseaux

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Comment se portent les populations d’amphibiens qui traversent chaque année la route cantonale entre Yverdon et Yvonand ?

Installés à la fin des années 1980, 16 passages sous la route cantonale entre Yverdon et Yvonand permettent chaque année à différentes espèces de batraciens d’effectuer leur migration sans risquer de se faire écraser. En aval de chacun de ces passages, un système de suivi des batraciens qui les traversent a été mis en place depuis plus de trente ans. L’Association de la Grande Cariçaie a aujourd’hui analysé l’ensemble de ces données et livre les résultats dans un grand rapport scientifique.

Alors que les populations migratrices de grenouilles et de crapauds étaient estimées à plus de 15’000 individus au début des années 1970, seules quelques centaines d’individus ont été observés ces dernières années. Ce fort déclin est également observé depuis l’installation des passages à batraciens sous la route en 1992. Chez les tritons, les données acquises depuis 2007 montrent une tendance légèrement positive, ce qui est encourageant. Cette augmentation est probablement liée à la mise en place de mesures pour leur faciliter la traversée des voies de chemin de fer. Un décalage phénologique de la migration pré-nuptiale (avant la reproduction) est constaté avec un pic de plus en plus tôt dans la saison. Ce phénomène ne devrait toutefois pas impacter négativement les populations des espèces étudiées.

La forte présence de la Grenouille rieuse dans les étangs, l’impact de la zone agricole en amont (engrais, pesticide) et la fonctionnalité réduite des passages à amphibiens existants sont les principaux facteurs identifiés comme ayant un potentiel impact négatif sur les populations d’amphibiens. En plus du maintien et de l’augmentation des mesures améliorant la perméabilité des voies ferrées, la réfection des passages à amphibiens selon les nouvelles normes en vigueur et leur extension à d’autres secteurs prioritaires seraient aujourd’hui les principaux leviers à actionner pour maintenir, voire rétablir, les populations des amphibiens dans ce site de reproduction de batraciens d’importance nationale.

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Photo : Le Crapaud commun est l’espèce ayant le plus diminué entre 1992 et 2024 dans la réserve des Grèves de Cheseaux. En cas d’inquiétude, le Crapaud commun se fige en se dressant, ce qui le rend très vulnérable au trafic routier © AGC

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