Association

image d'illustration

Les débuts de la gestion

Démonstration de la machine Elbotel pour la fauche des marais

image d'illustration

Mobilisation massive

Photomontage du projet de construction de l'autoroute N1 à travers les marais, qui sera finalement abandonné

image d'illustration

Restauration des sentiers pédestres

Inauguration du sentier de l'Escarbille en 2015

image d'illustration

Visite officielle

Visite du Duc d'Edimbourg en compagnie des conseillers d'Etat vaudois M. Duvoisin et fribourgeois M. Masset en 1985

image d'illustration

Partenaires de l'AGC

La surveillance des réserves naturelles est réalisée par des agents de l'Etat

image d'illustration

Histoire des rives

Photo historique de l'utilisation des rives du lac dans les années 1940

image d'illustration

Protection légale

Conseillère fédérale Ruth Dreyfuss entourée des conseillers d'Etat vaudois, M. Schmutz et fribourgeois M. Aebi n septembere 1994

image d'illustration

Historique de la gestion

Divers articles publiés dans les journaux locaux

image d'illustration

Bureau exécutif

Visite des travaux d'entretien réalisés au cours de l'année

image d'illustration

Le début de la protection

Michel Antonniazza et Maurice Rollier devant un panneau de signalisation des réserves

image d'illustration

Des nouvelles structures d'accueil

Inauguration de la plateforme paysagère de Chevroux, construction en collaboration avec la commune de Chevroux en 2016

La protection des rives

Le chemin a été long avant que la Grande Cariçaie bénéficie d’une protection légale digne de sa valeur naturelle. Apparues suite à la 1ère Correction des Eaux du Jura (1ère CEJ), les terres qui avaient émergé sur la Rive sud furent d’abord dédaignées par l’agriculture, avant d’être transformées massivement pour les besoins du tourisme. C’est le projet d’autoroute N1, paradoxalement, qui déclencha tout le processus de protection.

Les premières décennies

D’abord dédaignées des populations riveraines, car se prêtant mal à l’agriculture, les terres nées de la 1ère CEJ trouvèrent leur vocation au milieu du 20e siècle avec le développement des loisirs lacustres. Des entrepreneurs rêvèrent même d’y édifier une véritable Venise lacustre du côté de Champ-Pittet.

Suite à la 1ère CEJ et à l’abaissement du niveau du lac de trois mètres, de vastes étendues de sable et de limons (les grèves) apparurent au pied des falaises molassiques de la Rive sud. Ces terres n’intéressèrent d’abord guère les communes riveraines, plutôt tournée vers l’agriculture et l’arrière-pays. Au début du 20e siècle, les communes refusèrent même d’acheter ces terrains pourtant cédés à bas prix par les cantons.

Régulièrement inondées et peu accessibles, les rives se prêtaient en effet mal aux grandes cultures. Seuls quelques habitants s’y intéressaient : ils pratiquaient la pêche, la chasse et utilisaient la paille des prairies fauchées comme litière et les roseaux pour la confection de nattes et de panneaux isolants. Pour le reste, les grèves furent abandonnées à la nature.

Dès 1910, ces grandes étendues sauvages éveillèrent par contre l’intérêt des premiers naturalistes, des ornithologues en particulier, qui découvrirent la valeur biologique extraordinaire des lieux. Tombés sous le charme des rives, des navigateurs de la Rive nord s’y intéressèrent également. C’est ainsi qu’en 1930, à leur demande, les cantons octroyèrent les premières concessions pour aménager des chalets de vacances.

Pendant la 2e Guerre Mondiale, la recherche d’autosuffisance alimentaire de la Suisse entraîna des défrichements et des tentatives de drainage et de mise en culture de plusieurs centaines d’hectares en zone riveraine. Dans la plupart des cas, ces tentatives échouèrent, du fait des inondations régulières des rives. A la fin de la guerre, la reprise économique poussa quelques investisseurs à développer le tourisme sur la Rive sud. Des zones résidentielles et des ports de petite battellerie furent alors construits. Certains promoteurs rêvèrent d’édifier une Venise lacustre sur le marais de Champ-Pittet. En 1980, près d’un quart de la Rive sud avait été affectée aux loisirs lacustres. A cette même époque, il fut décidé de construire l’autoroute N1 (appelée aujourd’hui A1) sur les rives du lac entre Yverdon et Font.

Début de la protection

A la fin des années 1970, près d’un quart de la Rive sud avait été transformé en zones touristiques (ports, campings, secteurs de résidences secondaires, etc.), malgré les premières mesures en faveur du maintien de zones naturelles riveraines dans le Bas-Lac. Mais c’est d’un projet de construction d’une autoroute à travers les zones naturelles que naquit, étrangement, la volonté de protéger la Grande Cariçaie…

Plusieurs tentatives de protection des marais du Bas-Lac (Fanel bernois et neuchâtelois) tournèrent court. Ce fut la disparition de grandes surfaces de marais du fait du plan Wahlen qui poussa à la création de la réserve du Fanel bernois en 1967 puis du Chablais de Cudrefin vaudois en 1970. Ces deux hauts lieux ornithologiques du Bas-lac devinrent en 1974 le premier site Ramsar, du nom de la convention internationale protégeant les sites d’escales d’importance internationale pour les oiseaux migrateurs.

Mobilisation massive contre la N1

Ce n’est que plus tard que des travaux scientifiques mirent en évidence le caractère exceptionnel et unique des marais de la Rive sud du lac de Neuchâtel. La Ligue suisse pour la protection de la nature (LPSN, aujourd’hui Pro Natura) acheta les marais de Champ-Pittet et commença à se mobiliser contre le tracé « lac » du projet d’autoroute N1. Le nom de « Grande Cariçaie » tiré de carex, nom latin d’une plante des marais très présente sur la Rive sud, est alors choisi pour désigner les rives à protéger. La campagne lancée par la LSPN et le WWF suisse créa un véritable raz-de-marée politique. Quatre millions de francs et 560’000 signatures furent récoltés en trois mois pour la protection de la Grande Cariçaie.

Suite à cela, le tracé « lac » fut abandonné en 1980 et il fut alors décidé de construire l’autoroute entre Yverdon-les-Bains et Estavayer-le-Lac, plus en amont dans l’arrière-pays.

Premiers travaux d'entretien des réserves

Pour gérer la Grande Cariçaie, une convention fut signée par les Conseils d’Etat des cantons de Vaud et de Fribourg et Pro Natura. Afin d’en contrôler l’application, une Commission de gestion, composée de 10 membres, représentants des signataires et de la Confédération vit le jour. Son organe exécutif, le Groupe d’étude est de gestion (GEG) se vit chargé de la gestion et de la surveillance des rives. Après de nombreux rebondissements, sept réserves naturelles virent le jour en 2001. Afin de permettre la conciliation des activités de loisirs et de protection de la nature, des prescriptions différentiées furent établies, sur terre et sur le lac, pour atteindre cet objectif.

Sous l’impulsion de la mobilisation pour la protection de la Grande Cariçaie, les cantons de Vaud et de Fribourg ratifièrent en 1982 le Plan directeur intercantonal de la rive sud du lac de Neuchâtel : celui-ci prévoyait la mise sous protection des zones naturelles et leur gestion dans un but de conservation. Un premier contrat de gestion et d’entretien de la Grande Cariçaie fut signé entre Pro Natura, le WWF et les cantons. La Commission de gestion et son organe exécutif, le Groupe d’étude et de gestion (GEG) furent alors créés pour se charger de cette tâche. Le GEG s’attacha  immédiatement à organiser l’entretien des milieux naturels, par le fauchage et le débroussaillage avec des bénévoles de centaines d’hectares de marais, pour éviter que ceux-ci ne disparaissent.

A partir de 1990, l’entrée en vigueur progressive de plusieurs ordonnances fédérales sur la protection des zones humides d’importance nationale renforça la reconnaissance de l’importance de la Grande Cariçaie et de la nécessité de sa protection, celle-ci devenant également le plus grand site Ramsar de Suisse (Convention internationale sur la protection des zones humides).

De nombreux rebondissements

La première mise à l’enquête des réserves naturelles pour la Grande Cariçaie en 1998 provoque un véritable tollé. L’association Aqua Nostra déclare la guerre aux « écolos empêcheurs de vivre ». Après plusieurs années de longues négociations entre les différents intérêts, sept réserves sensiblement réduites par rapport au projet initial furent finalement créées en 2001 et 2002 sur les cantons de Vaud et de Fribourg, accompagnées d’une série d’aménagements pour l’accueil du grand public.

Dates clés

  • 1967 – Arrêté de classement pour le Fanel BE, première réserve naturelle sur la Rive sud
  • 1970 – Arrêté de classement pour le Chablais de Cudrefin VD
  • 1973 – Arrêté de classement pour le Fanel NE
  • 1976 – Ratification par la Suisse de la Convention de Ramsar. Les trois réserves mentionnées plus haut deviennent le premier site Ramsar de Suisse. Première cartographie des rives (financement OFEFP)
  • 1980 – Campagne Pro Natura Helvetica (WWF Suisse et Pro Natura) pour l’abandon du tracé de l’A1 par les rives et pour la protection de la Grande Cariçaie
  • 1982 – Adoption du Plan directeur intercantonal VD et FR pour la Rive sud et signature de la Convention intercantonale relative à la gestion de la Grande Cariçaie. Création du Groupe d’étude et de gestion (GEG)
  • 1983 – Arrêté de classement de la réserve de Cheyres FR et inscription de la Grande Cariçaie à l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d’importance nationale
  • 1985 – La Grande Cariçaie devient une réserve biogénétique du Conseil de l’Europe
  • 1987 – Deuxième Convention, avec financement par les cantons, la Confédération, le WWF et Pro Natura
  • 1990 – L’ensemble de la Grande Cariçaie obtient le statut de site Ramsar et vient ainsi compléter le site Ramsar « Bas-Lac » existant
  • 1991 – Entrée en vigueur de l’Ordonnance fédérale sur les réserves d’oiseaux d’eau et de migrateurs d’importance internationale et nationale (OROEM)
  • 1992 – Entrée en vigueur de l’Ordonnance fédérale sur la protection des zones alluviales d’importance nationale (OZA)
  • 1994 – Entrée en vigueur de l’Ordonnance fédérale sur la protection des bas-marais d’importance nationale (OBM)
  • 1996 – Entrée en vigueur de l’Ordonnance fédérale sur la protection des sites marécageux d’une beauté particulière et d’importance nationale (OSM)
  • 1998-2000 – Mises à l’enquête des réserves naturelles cantonales VD et FR de la Rive sud. Nombreuses oppositions. Renégociation notamment avec les communes et remise à l’enquête d’un nouveau projet
  • 2001 – Décision de classement VD des réserves naturelles
  • 2002 – Plan d’affectation cantonal FR des réserves naturelles
  • 2006 – Création par les cantons de Vaud et de Fribourg d’un poste de surveillant des réserves naturelles
  • 2010 – Création de l’Association de la Grande Cariçaie, qui remplace le Groupe d’étude et de gestion et la Commission de gestion

Actualités